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Les côtes de la région Méditerranée, pires ennemies en cas d'inondation.

Si la Méditerranée ne connaît pas le phénomène des marées responsable, entre autres, des dégâts de la tempête Xynthia, ses côtes ne présentent pas moins de nombreux facteurs aggravants en cas d'inondation.

Quatre jours après que la tempête Xynthia a frappé le littoral vendéen, pour les responsables politiques et pour les scientifiques l'heure est déjà aux analyses. Aurait-on pu prévenir une telle catastrophe ? Comment la force de l'inondation a-t-elle été sous-estimée ? Les digues sont-elles bien entretenues ? Autant de questions capitales pour un pays comme la France, qui compte environ 5 500 km de côtes en métropole. Si le Languedoc-Roussillon n'est pas exposé à la violence des marées atlantiques, il ne fait pas moins partie des

cachePubVide('pubCarreEdit'); zones à risques. Près de trois quarts de ses communes sont soumises au risque inondation (lire encadré). Avec son littoral de 230 km, la région est particulièrement exposée notamment à la submersion maritime.

Un littoral à risques

Comme tout littoral, le Languedoc-Roussillon combine différentes caractéristiques qui augmentent le risque. Lors d'une tempête, le niveau de la mer augmente par le jeu des pressions atmosphériques. Si les fleuves sont déjà en crue, l'eau ne s'évacue pas correctement et c'est l'inondation en plaine. Le climat et la géographie languedociens présentent aussi des facteurs aggravants. Les épisodes cévenols (épisodes pluvieux brutaux sur un périmètre restreint) en sont un exemple. Notre littoral n'échappe pas non plus aux phénomènes d'érosion et de submersion marine. Des risques étroitement liés, puisque la surélévation du niveau maritime pendant les tempêtes accélère l'érosion de la côte. A long terme, le réchauffement climatique pourrait augmenter le nombre et la violence des tempêtes et ainsi aggraver la montée du niveau de la mer.

L'aggravation par l'activité humaine

Face à cet environnement particulièrement propice aux risques d'inondation, l'activité humaine ne fait qu'aggraver les problèmes. En effet, l'occupation des sols par des habitations et les activités économiques amplifie le phénomène. La "bétonisation" du littoral imperméabilise les sols et empêche l'écoulement naturel des eaux. Lors de son aménagement dans les années 1960 et à cause de la surfréquentation de certains secteurs, le littoral a rompu avec son fragile équilibre naturel et doit aujourd'hui faire face à de hauts risques de catastrophe naturelle. A qui la faute ? A ceux qui laissent construire dans des zones inondables.

Comment prévenir la catastrophe ?

La meilleure protection face aux risques du littoral reste... de ne pas trop s'en approcher ! Cela consiste à laisser un espace de liberté à la mer pour qu'elle se régule à nouveau naturellement. Une politique de recul doit être privilégiée dans la mesure du possible dans les secteurs déjà aménagés. Les espaces encore libres doivent être préservés, comme cela a été réalisé sur le Lido de Sète. Cette maîtrise de l'urbanisation passe en fait par des politiques locales qui oseraient mettre fin au rêve de nombreux propriétaires, la fameuse villa avec vue sur mer. Question délicate qui, d'ailleurs, se retrouve au centre des débats en cette période d'élections régionales.

Prévention nécessaire

Quant à la prévention et la protection des populations déjà implantées dans les zones à risques, elle doit intégrer une sensibilisation et une surveillance rigoureuse. En ce qui concerne la submersion marine par exemple, la mise en danger des populations est principalement due au non-respect des consignes de sécurité. En effet, s'il n'est pas possible de prévoir la gravité ou la localisation exacte du phénomène, les délais de prévision vont de 24 à 48 heures et laissent donc le temps aux autorités d'évacuer les zones sensibles.

20% de la population vit en zone inondable

En vingt ans (de 1982 à 2002), 98 % des communes de la région ont, une fois au moins, été concernées par un arrêté de catastrophe naturelle... En cause : le risque inondation. 

Ce qui n'a d'ailleurs pas empêché les promoteurs et propriétaires de continuer à construire en zone à risques puisqu'en dix ans, la surface inondable urbanisée a augmenté de 15 %.

En Languedoc-Roussillon, 1 132 communes sur 1 545 sont soumises au risque inondation (82 % dans les Pyrénées-Orientales, 85 % dans l'Hérault et 100 % dans le Gard), ce qui concerne un cinquième de la population régionale.

Dans des villes comme Perpignan ou Narbonne, pas moins de 30 % des habitants sont exposés au risque d'inondation.

 


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